Dossier congrès – Partie retraite

 Réforme des retraites

Front commun entre les professionnels libéraux retraités et actifs

 Terminées les anciennes querelles entre actifs et retraités. Comme l’expliquent Christian Cœuré, Président de la Confédération Nationale des Retraités des Professions Libérales (CNRPL), et le Dr Pierre Lévy, le Président adjoint, ils rejettent la réforme des retraites du gouvernement dans les mêmes termes que l’UNAPL.

 « Nous sommes en étroite relation avec l’UNAPL et nous avons encore récemment échangé sur le dossier avec son président : il y a une véritable solidarité entre actifs et retraités », se félicite Christian Cœuré, Président de la CNRPL. Si, comme l’UNAPL, la CNRPL n’a aucune opposition de principe à la réforme des retraites, elle n’en est pas moins mobilisée sur une série de mesures jugées particulièrement néfastes. Elle est ainsi :

  • contre la base de cotisation de trois plafonds annuels de la sécurité sociale (PASS) au lieu d’un, ce qui condamne les régimes complémentaires ;

  • pour préserver et continuer à gérer les réserves patiemment constituées et clairement menacées malgré les promesses du gouvernement ;

  • pour une intégration à la gouvernance du futur régime.

« Nous attirons également l’attention sur une mesure dramatique et que peu de médias soulèvent : le passage de 55 ans à 62 ans de l’âge de réversion. Attendre sept ans de plus pour toucher la pension de réversion de son conjoint décédé peut s’avérer particulièrement dramatique pour un certain nombre de veuves et de veufs. »

Une inquiétude à la fois des retraités et des actifs

« Ces points font l’unanimité dans nos rangs, souligne le Dr Pierre Lévy, Président-adjoint de la CNRPL. Dès que nous avons l’occasion, comme lors du congrès, d’expliquer aux gens la situation, ils adhèrent totalement à nos propositions : les retraités s’inquiètent pour la pérennité du versement de leur pension, et les actifs pour la chute du niveau de pension qu’ils auront à subir du fait du nouveau régime, et ce sans la compensation des régimes complémentaires que la réforme va faire disparaître ».

Et l’affaire des réserves est particulièrement mal vécue. Le sentiment partagé est que les bons élèves sont punis et les mauvais récompensés : en effet, si les professions libérales ont pu constituer des réserves, malgré les reversements annuels de solidarité faits aux autres régimes, c’est qu’elles ont pris leurs responsabilités et géré de manière à pouvoir compenser les fluctuations démographiques à venir et assurer l’équilibre de leur régime. Leur prendre leurs réserves, c’est les spolier. C’est pourquoi elles veulent continuer à pouvoir les gérer directement.

Lucien Sague

Pour L'Entreprise Libérale